11 mai 2009

Le cinéma de la génération 880 000 wons

À la fin du mois de mars, le magazine Courrier International reprenait un article paru dans le journal coréen Sisa In un mois auparavant et intitulé "Le cinéma a la gueule de bois".

Je voudrais en toucher un mot ici car l'auteur, U Sok-hun (우석훈), est un économiste qui a publié un livre à succès intitulé "Génération 880 000 wons".

D'abord, qu'est-ce que cette "génération 880 000 wons" ? Il s'agit d'une formule utilisée actuellement en Corée du Sud pour désigner les jeunes travailleurs en situation de précarité qui touchent l'équivalent de 480 euros nets par mois. Pour beaucoup de jeunes, cela signifie l'échec d'un système éducatif au sein duquel il suffisait de sortir d'une bonne université pour décrocher un poste dans une des grandes entreprises du pays.

"Daytime Drinking" de Noh Young-seok

Or, selon U Sok-sun, cette nouvelle précarité se retrouve aujourd'hui aussi dans le milieu du cinéma. Son article est d'ailleurs une charge violente contre les financiers et les réalisateurs coréens qu'il accuse de n'avoir pas su s'organiser pour pouvoir doter l'industrie de structures efficaces propres à former les nouveaux talents et financer les nouvelles productions. Au lieu de ça, les professionnels du cinéma coréen entretiennent le "mirage" de la vague coréenne et exigent de plus en plus de flexibilité de la part de leurs collaborateurs.

Rien de très nouveau jusqu'ici mais ce débat a pris une nouvelle dimension au mois de mars avec le succès inattendu d'un film à petit budget "Daytime Drinking" qui a coûté seulement 10 millions de wons (6000 euros) et a été tourné en 13 jours mais a rapporté 170 millions de wons (100 000 euros). On peut donc faire des films de qualité sans disposer de grands moyens et donner envie au public d'aller les voir ?

Avec les succès conjugués du documentaire "Old Partner" et de "Daytime Drinking", on peut penser qu'un changement s'est opéré aussi du côté des spectateurs. Un cinéma ambitieux en termes de création mais plus modeste en termes de moyens, c'est peut-être cela l'avenir du cinéma coréen ?

08 mai 2009

London Calling ou les débuts du Terracotta Festival

Loin de l'agitation cannoise, je pars dans deux semaines assister à la première édition du Terracotta Far East Film Festival qui se tient à Londres.

Ce festival se déroule du 21 au 24 mai au Prince Charles Cinema, du côté de Leicester Square.

Pour la petite histoire, le Prince Charles Cinema, qui existe depuis le début des années 60, est devenue la salle culte de l'Ouest londonien pour de nombreux cinéphiles et Quentin Tarantino en est le prestigieux parrain !

Terracotta Festival

Le Terracotta Festival sera l'occasion de voir quelques films coréens bien sûr (sont annoncés "Eye for an eye" de Ahn Kwon-tae et Kwak Gyeong-taek et "Dream" de Kim Ki-duk), mais aussi de rencontrer tous ceux qui font vivre le cinéma asiatique en Europe - producteurs, distributeurs, festivaliers, journalistes et universitaires -.

Retrouvez les 13 films au programme cette année sur le site officiel du festival dirigé par le sémillant Joey que je vous ai déjà présenté ici.

11 février 2009

Sur les pas de Jeon Soo-il

Retour sur l'avant-première de "La petite fille de la terre noire" organisée lundi au MK2 Hautefeuille. Je constate que ce film a été diversement apprécié au sein de la communauté cinéphile comme en témoignent les nombreux commentaires sur le Dooliblog.

De mon côté, "La Petite Fille..." m'a profondément touché par sa justesse de ton et sa beauté formelle. C'était la deuxième fois que je voyais le film en salle (je l'ai découvert il y a un an au Festival du film d'Edimbourg) et je l'ai revu assis aux côtés d'Adrien Gombeaud, autre grand fan du travail de Jeon Soo-il.

Jeon Soo-il

Jeon Soo-il, le lundi 9 février 2009 au MK2 Hautefeuille.

Ce qui m'a intéressé en revoyant "La petite fille de la terre noire", c'est l'approche quasi-documentaire avec laquelle Jeon Soo-il s'intéresse à ce village minier qu'il filme d'ailleurs caméra à l'épaule. Certaines personnes ont parlé à propos du film de "drame social" car il s'inscrit clairement dans une tendance actuelle du cinéma asiatique du film social dont les porte-drapeaux seraient "Still Life" ou "À l'Ouest des rails".

Jeon Soo-il racontait lundi soir que l'idée de ce film lui était venu lors du tournage de son opus précédent intitulé "Entre chien et loup" qui se déroulait dans la même région. Il y a découvert un petit village sur le point de disparaître avec des maisons portant l'indication "À démolir".

Ce qui l'a marqué, c'est l'absence de femmes dans cet environnement hostile et aussi les images d'enfants jouant dans ces espaces désertés. Un récit qui lui a été rapporté l'a également profondément interpellé  : on lui a expliqué que les travailleurs des mines qui souffraient d'une pneunomie ne pouvaient toucher des indemnités que s'ils déclaraient au minimum deux maladies ! Avec ces quelques bribes d'histoires, Jeon Soo-il s'est dit qu'il y avait là matière à faire un film et il a présenté ce projet au producteur Abderrahmane Sissako, réalisateur du film "Bamako".

Quelques anecdotes pour finir : ceux qui ont vu le film auront remarqué l'apparition au début et à la fin du film d'une jeune femme portant des chaussures à talon qui détonne justement avec l'absence de femmes dans le reste du long-métrage. Il s'agit en fait d'une guest-star, l'actrice Kang Soo-yeon (강수연), vue notamment dans "La mère porteuse" de Im Kwon-taek et "Girls' Night Out" de Im Sang-soo.

Autre détail amusant : dans chaque film de Jeon Soo-il, on peut voir un moine et "La petite fille..." ne fait pas exception à la règle (regardez la scène du bus). Pourquoi ce motif récurrent ? La réponse de Jeon Soo-il est déconcertante de simplicité : "Dans les montagnes, on voit toujours des moines !".

09 février 2009

Avant-premières de "La petite fille de la terre noire" de Jeon Soo-il

Ce mercredi sort sur les écrans français le film coréen événement de ce début d'année : "La petite fille de la terre noire" (검은 땅의 소녀와) de Jeon Soo-il.

"La petite fille de la terre noire" de Jeon Soo-il

Pour mémoire, Jeon Soo-il a reçu des mains de Patrice Chéreau le Lotus d'Or pour ce film lors de la dernière édition du Festival du film asiatique de Deauville, et la jeune actrice de 9 ans, Yu Yun-mi, a été récompensée pour son rôle à la Mostra de Venise !

Le réalisateur est de passage à Paris et le film sera projeté en sa présence dans le cadre de deux avants-premières ce soir et demain :

  • Aujourd'hui, lundi 9 février, une séance est programmée à 20h30 au MK2 Hautefeuille (7, rue Hautefeuille - Métro Saint Michel).
  • Une autre séance suivie d'un débat est prévue le mardi 10 février à 20h30 aux Sept Parnassiens (98, boulevard Montparnasse - Métro Vavin).

Le film sort dans une dizaine de salles en France le mercredi 11 février et sera notamment à l'affiche du Lincoln et des Sept Parnassiens à Paris.

22 janvier 2009

Interview exclusive de Joey Leung, fondateur de Terracotta Distribution

Une très belle rencontre pour ce qui constitue un petit événement en Grande-Bretagne : l'apparition outre-Manche d'un distributeur spécialisé dans les films asiatiques. Depuis la fermeture cet été de Tartan Films, il n'y avait plus de distributeur attitré des films coréens en Grande-Bretagne. Joey Leung et son épouse Linh ont créé Terracotta Distribution à la fin de l'année 2008 pour remédier à cette situation et Joey a bien voulu se prêter au petit jeu de l'entretien pour Le Zèbre !

Le Zèbre : Comment a commencé l'aventure Terracotta ?

Joey Leung : Nous venons d'une lune près de Jupiter, attirés vers la Terre à cause des films en provenance d'Asie. Enfin presque... Nous avons grandi dans une famille chinoise installée en Grande-Bretagne et nous avions l'habitude de regarder beaucoup de films venus de Hong-Kong qui étaient au départ pour nous des films très ordinaires avant d'être classés "cultes" par les cinéphiles britanniques. Je pense à des films comme "Il était une fois en Chine" de Tsui Hark et "À toute épreuve" de John Woo. Par la suite, j'ai continué à regarder des films et j'ai beaucoup voyagé de festival en festival en Asie et je me suis aussi rendu dans d'autres festivals "non-asiatiques", comme Cannes et Los Angeles. C'est à ce moment là que je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de films qui n'arrivaient jamais en Grande-Bretagne.

Joey Leung

Joey Leung, l'homme derrière Terracotta Distribution

Quelle est la situation actuelle du cinéma asiatique outre-Manche ?

La distribution des films asiatiques est très limitée et il n'y a pas de réel effort de la part des distributeurs actuels pour promouvoir le cinéma asiatique en Grande-Bretagne. De plus, il n'y a pas à proprement parler de distributeurs spécialisés dans le cinéma asiatique, il y a plutôt des distributeurs généralistes.

Vous êtes l'organisateur du Terracotta Far East Film Festival (ancien Tiger Festival qui se déroule entre Londres et Brighton) qui a célébré sa deuxième édition en 2008. Qu'est-ce qui vous avez décidé à franchir le pas vers la distribution ?

Notre festival en Grande-Bretagne nous a permis de réunir tout un tas de distributeurs de films asiatiques et de leur faire rencontrer leur public. Au menu : des discussions concernant des sorties programmées de films au cinéma et en DVD et des projections de bande-annonces. L'organisation de ce festival nous a permis de réaliser qu'il y avait de vraies opportunités pour les films asiatiques qui n'étaient pas encore distribués en Grande-Bretagne.

"Hansel et Gretel" de Lim Pil-seong

Jin Ji-hee dans "Hansel et Gretel"

Est-ce que vous avez déjà des sorties de films prévues ?

Le premier film que nous avons décidé de distribuer est le film coréen "Hansel et Gretel" de Lim Pil-seong. Il sort sur les écrans britanniques cette semaine (NDLR : au moment de notre entretien, le 16 janvier 2009). Nous espérons pouvoir bientôt distribuer d'autres films dans le courant de l'année, notamment un autre film coréen intitulé "The Fox Family" de Lee Hyeong-gon et "God Man Dog" du réalisateur taïwanais Singing Chen.

Ces films n'ont pas encore été distribués en France : cela peut donc intéresser les spectateurs français ! Que pouvons-nous vous souhaiter ?

Nous serons toujours partants pour distribuer des films asiatiques de qualité, qu'ils viennent de Corée du Sud ou d'ailleurs !

• Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site officiel de Terracotta Distribution.

• Terracotta a aussi son groupe sur Facebook !

14 janvier 2009

Concours Animasia 2009 : appel aux inscriptions

J'ai été invité en tant que conférencier il y a deux ans au festival Animasia qui se tient chaque année en avril à Pessac (Gironde) pour animer une après-midi consacrée au cinéma coréen.

Le festival en est maintenant à sa cinquième édition et grandit d'année en année. L'association Mandora qui organise Animasia a mis en place pour cette nouvelle édition un concours de courts-métrages :

En vue de la soirée court-métrages qui aura lieu lors du festival 2009, Mandora organise un concours pour les réalisateurs en herbes. Le thème imposé est l'Asie, chaque court ne devant pas dépasser les 5 minutes.

Vos films seront soumis à la sélection du jury Mandora et deux prix seront remis durant la soirée, après les projections : le prix du Jury Animasia, et le Prix du Public.

La deadline est le 9 mars 2009, minuit, au Cinéma Jean Eustache. Pour participer, téléchargez la fiche d'inscription, à renvoyer avec votre DVD.

Soyez nombreux ! Laissez votre imagination vagabonder et étonnez-nous !

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le blog d'Animasia ainsi que le forum de l'association Mandora.

Le cinéma Jean Eustache

Photo : Le cinéma Jean Eustache de Pessac qui accueille le festival Animasia.

13 janvier 2009

Les films coréens sortis en France en 2008 : état des lieux

Vous vous êtes peut-être demandés en découvrant ce site ou en lisant des articles ici et là à propos du cinéma coréen si ce cinéma est toujours aussi confidentiel en France. Combien de films coréens sortent chaque année en France ? Dans combien de salles ? Comment se situent les films coréens par rapport aux autres films venus d'Asie ? Retour sur les chiffres de l'année 2008 !

En 2008, 9 films coréens sont sortis sur les écrans français, un chiffre en nette augmentation par rapport à 2007 (5 films) et 2006 (6 films). Parmi les films présentés, des réalisateurs bien connus des cinéphiles français : Hong Sang-soo, Im Kwon-taek, Bong Joon-ho et Kim Jee-woon. Des premiers films aussi avec un tirage nettement plus confidentiel : il fallait ainsi venir du côté de la capitale pour pouvoir voir "Trop jeunes pour mourir" de Park Jin-pyo qui est sorti dans une seule salle parisienne à la fin du mois de mai !

"Night and Day" de Hong Sang-soo

"Night and Day" ou quand la Corée s'invite en France...

Les films coréens ont bénéficié d'un tirage moyen de 25 copies. C'est un chiffre en net recul par rapport à 2006 par exemple où "The Host" avait affolé les statistiques grâce à un tirage record de 223 copies (la plus grosse sortie coréenne en France à ce jour). Sans surprise, c'est "Le bon, la brute et le cinglé" qui a bénéficié de la plus grosse sortie en France en 2008 avec un tirage de 95 copies.

NOMBRE DE COPIES POUR LES FILMS CORÉENS EN 2008

  • Desert Dream : 15 copies
  • Le roi et le clown : 7 copies
  • Le dernier repas : 2 copies
  • Trop jeunes pour mourir : 1 copie
  • Night and Day : 11 copies
  • Souvenir : 9 copies
  • Woman on the Beach : 15 copies
  • Tokyo! : 66 copies
  • Le bon, la brute et le cinglé : 95 copies

Autre surprise de cette année 2008 : la Corée du Sud est le pays d'Asie du Sud-Est dont les films sont les plus montrés en France. Seule la Chine (9 films) et le Japon (7 films) peuvent se prévaloir d'un nombre de sorties équivalent. Le cinéma de Hong-Kong continue par contre à reculer en France avec seulement 5 sorties cette année (3 films seulement en 2007).

Retour du cinéma coréen en France le 11 février prochain avec le prodigieux film "La petite fille de la terre noire" de Jeon Soo-il. On en reparle sur Le Zèbre très bientôt !

16 décembre 2008

Le top 10 des films coréens de 2008

La fin de l'année approche et les traditionnels "top 10" consacrant les meilleurs films de l'année fleurissent un peu partout dans la presse spécialisée.

Cine21

Les magazines de cinéma coréens ne font pas exception à la règle et Cine21 (씨네21) propose aux lecteurs de son site Internet de désigner les meilleurs films coréens de l'année 2008. Le vote est toujours en cours mais on peut d'ores et déjà voir que certains films se hissent sans surprise en tête du classement : "The Chaser", "Nom nom nom" qui sort sur nos écrans demain sous le titre "Le bon, la brute et le cinglé" et "Forever the Moment". Ces trois films sont les trois principaux hits de l'année, trois films qui sont passés au-dessus de la barre des 3 millions de spectateurs (5 millions de spectateurs pour "The Chaser" et plus de 7 millions pour "The Good,..." !).

CLASSEMENT DES LECTEURS DE CINE21
http://www.cine21.com/event/2008/12/thebest/

  1. The Chaser
  2. The Good, the Bad and the Weird
  3. Forever the Moment
  4. Rough Cut
  5. Crush and Blush
  6. Antique
  7. My Dear Enemy
  8. Public Enemy Returns
  9. My Wife Got Married
  10. Sunny

The Chaser

"The Chaser", leader incontesté en 2008

Toujours sur Cine21, la rédaction propose de son côté un classement définitif des films sortis sur les écrans coréens, toutes nationalités confondues. Voici les dix premiers films, tout en notant que dans ce ranking éminemment subjectif, seuls quatre des dix premiers films sont coréens et "Dream" de Kim Ki-duk est seulement classé 37e et "Secret Sunshine" 38e.

CLASSEMENT DE LA RÉDACTION DE CINE21
http://blog.cine21.com/_manager/74823

  1. The Chaser (KR)
  2. The Good, the Bad and the Weird (KR)
  3. The Dark Knight
  4. Lust, Caution
  5. Secret
  6. Rough Cut (KR)
  7. The Mist
  8. No Country for Old Men
  9. Sunny (KR)
  10. Red Cliff

05 décembre 2008

L'homosexualité mieux acceptée dans les films coréens

Plusieurs films coréens sortis en novembre et en décembre parlent directement ou indirectement d’homosexualité. Serait-ce la fin d'un grand tabou toujours en vigueur à Chungmuro ?

Le 13 novembre dernier, trois des quatre films coréens à l'affiche dans les cinémas traitaient de l'homosexualité : "Antique" (서양골동양과자점 앤티크), "Miindo" (미인도) et "Boy meets boy" (소년, 소년을 만나다). Et un autre film qui aborde le sujet de manière directe sort le 30 décembre "A Frozen Flower" (쌍화점).

Le film “Antique” traite ce thème d'une manière joyeuse et légère en faisant d'un pâtissier homosexuel surnommé par ses collègues « Gay of Devil », l'un des personnages principaux du film qui n'hésite pas à délaisser son atelier pour aller rouler une pelle à son petit ami. De la même manière, "Miindo" comporte une scène où une "gisaeng" (historiquement, une courtisane coréenne) embrasse l'héroïne du film qui est déguisée en garçon. Enfin, "Boy meets boy" raconte une histoire d'amour improbable entre un jeune homme qui se rend compte qu'il en pince pour son ancien meilleur ennemi !

"No Regret" (2006)

Si le regard porté sur l'homosexualité dans les films coréens change aujourd'hui, c'est d'abord parce que d'autres films ont ouvert la voie. On pense évidemment au "King and the Clown" (왕의 남자) qui a rassemblé plus de 12 millions de spectateurs en Corée au moment de sa sortie en 2005. Le film qui sortira à la fin du mois intitulé "A Frozen Flower" marche clairement sur les traces de son illustre prédécesseur en racontant une histoire d'amour entre un roi et son gardien.

D'autres titres méritent d'être mentionnés : "All for Love" (내 생애 가장 아름다운 일주일) sorti en 2005 et "No Regret" (후회하지 않아) sorti en 2006 qui ont eux aussi certainement contribué à modifier le regard que le public coréen portait jusqu'alors sur l'homosexualité.

Enfin, le retour sur le devant de la scène de l'acteur Hong Seok-chun (홍석천) montre également que les mentalités ont changé aujourd'hui en Corée du Sud : en 2000, Hong avait été la première personnalité publique à faire son coming-out et avait été immédiatement mise au ban de la profession.

Que de changements en tout cas dans le pays qui il y a dix ans interdisait le film "Happy Together" de Wong Kar-wai sous prétexte qu'il parlait trop ouvertement de l'homosexualité !

03 décembre 2008

Le VoD au centre des attentions en Corée

Le journal Sud Ouest du jour revient sur l'ouverture des "Nuits Magiques" dont je parlais hier avec une interview du directeur du festival Fabrice de la Rosa. Extraits choisis.


"Ca fait plusieurs années que j'avais envie d'une collaboration avec le Seoul Animation Center. On a pu faire un échange, ils ont projeté un de nos programmes et nous ont envoyé le leur. [...] En Corée il y a une forte culture de l'animation, c'est une industrie. Les films et les techniques sont divers, mais on y retrouve les particularités asiatiques, avec du fantastique, des mégapoles, le tout lié à la vie quotidienne".

Mais l'événement du jour a lieu en Corée du Sud où les distributeurs continuent à chercher des parades face au piratage endémique. Variety Asia annonce ainsi que Warner Home Video Korea (pour mémoire, dernière major américaine encore présente sur le marché coréen) va d'abord rendre disponible "The Dark Knight" en vidéo à la demande (VoD) de manière à devancer de deux semaines la sortie en DVD.

Un magasin de DVD à Séoul

Photo : Neil Hunt - Licence CC : http://flickr.com/photos/nhunt/2869266390/

C'est une expérience qu'il va falloir suivre avec attention en France car on sait que la chronologie des médias qui existe actuellement pour éviter une concurrence entre les différents formats d'exploitation (cinéma, DVD, VoD) ne fait plus l'unanimité aujourd'hui. Les films en France sortent en DVD six mois après leur sortie dans les salles et ils ne sont disponibles en VoD qu'au bout de 33 semaines (soit environ 8 mois et demi après leur sortie). Est-ce qu'il faut envisager une sortie simultanée des films en DVD et en VoD comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis ? Une sortie anticipée en VoD pour fournir une offre légale ?

L'expérience grandeur nature de Warner aura en tout cas valeur de test pour la major américaine qui envisage un possible retrait de la Corée le 31 décembre pour se consacrer à la distribution "pré-DVD".